Chansons françaises (et wallonnes...)
Ci-dessous, quelques chansons inédites issues de mes recherches ou de la mémoire familiale, liées à un événement historique ou tirées de chansonniers anciens. Page en enrichissement constant (j'espère !)
- Le réveil d'Épiménide (chanson de la Table ovale, 1818)
- Le déménagement de la Romane (chanson de Jean Bologne, vers 1944)
- L'exposition universelle à Chicago (chanson de Louis Bologne, 1933-1934)
- Le débarquement (li 6 di djun) (chanson de Joseph Closson, 1944)
Le déménagement de la romane
Chanson composée pour le déménagement de la section de Philologie romane de l'Université de Liège au Val Benoît, à la fin de la guerre. Chantée par mon père Jean Bologne (1922-2002), alors étudiant en romane. Il écrivait des chansons de circonstance, il est possible que celle-ci soit de lui, mais rien de sûr. Il ne composait pas les musiques, il s'agit sans doute d'un timbre de l'époque que je n'ai pas identifié - je suis preneur de toute information ! On retrouve dans cette chanson quelques grands noms de l’université de Liège.
La chanson était en partie parlée et mimée, mon père variait parfois la musique d’un couplet à un autre, la reconstitution est difficile. Le texte est lui aussi sujet à variantes. La version ci-dessous respecte scrupuleusement celle qu’il a écrite. Quelques variantes sont signalées avec les deux versions chantées !
Le déménagement de la romane, enregistrement du 13 novembre 2015.
1. Toute la romane est en émoi,
Car dans un, ou deux,… ou trois mois,
On déménage.
Chacun aide à faire des paquets (a)
Sauf, évidemment ceux qui d’vraient
C’est bien dommage.
Les assistants sont en d’sous d’tout,
Horrent (1) surtout s’en fout, s’en fou[t]
Il nous délaisse,
Et de Betancourt (2)… se cacher (b)
Sitôt qu’il nous voit arriver
Avec des caisses.
2. Ainsi c’est fait le Val Benoît (3)
Désormais verra les ébats
Des Romanistes :
Sans qu’on n’en ait jamais rien su
Monsieur Paquot (4) (hem, hem) (c) l’a obtenu
Rien n’lui résiste.
On nous a dit (d) que nos rayons
Seraient r’peints en gris trianon (5)
Quelle bonne idée !
Car c’est le style Napoléon
Qu’avec de l’imagination
On nous recrée.
3. Évidemment cette question
Des moyens d’communication
Nous rend moroses,
Mais pour y aller c’est bien mieux (e)
Au lieu d’un tram on en prend deux,
C’est si peu d’ chose (f).
De plus le nouvel emplacement (g)
Est supérieur au précédent
Car si ça barde,
On pourra voir de bien plus près (h)
Comment s’y prennent les Anglais
Quand ils bombardent.
4. Et puis (i) le château est hanté
Et par les belles nuits d’été
L’ombre de Wilmotte (6)
Sous la lune (j) vient à passer
Dit au romaniste attardé
« Eh, mon p’tit pote (k),
Je n’suis plus le maître vénéré,
J’suis un revenant dés[e]nchanté,
Un sans culotte,
On n’respecte plus mes erreurs, (l)
On m’fait bondir de fureur (m)
Fou d’mes clicottes (7). »


Notes et variantes
Les lettres appellent des variantes ; les chiffres romains appellent des notes. Les variantes en caractères romains sont celles de la version ici diffusée.
Variantes
(a) les paquets
(b) Et de Betan / court se cacher (nettement détaché)
(c) (broum)
(d) On nous dit
(e) Mais pour aller ici, bien mieux - Car pour y aller, est-ce mieux ?
(f) - c’est peu de choses
(g) D’ailleurs
(h) On verra de bien plus près
(i) Oui mais
(j) Par la lune ; Dans la brume
(k) Et au romaniste attardé Dit : « Mon p’tit pote ;
Dit au romaniste attardé « Oh, mon p’tit pote
(l) On n’respect’ mêm’ plus mes erreurs
(m) C’est c’qui m’fait sauter, ô fureur - avec horreur
Notes :
(1) Jules Horrent [1920-1981]
(2) Le n’ai pas retrouvé de Betancourt en romanes à Liège à cette époque. Je suis preneur de toute information !
(3) Le bâtiment du Val Benoît, inauguré en 1937, était en principe réservé aux ingénieurs. Il a été bombardé en 1944-1945, qui ont déménagé dès 1940 face aux menaces de bombardements, étant donné la proximité avec le pont du Val-Benoît, sur la ligne assurant la liaison avec l’Allemagne, et de la gare de Kinkempois. Le site a effectivement été bombardé en 1944-1945 et les laboratoires et la bibliothèque ont été détruits ce qui rendait impossible la réaffectation immédiate à la Faculté des Sciences appliquées. Est-ce alors qu’on y a logé la Philologie romane ? Je n’ai pas retrouvé trace du déménagement de la Philologie romane au Val Benoît. Je suis preneur de toute information ! Voir Robert Demoulin, L'Université de Liège de 1936 à 1966, Université de Liège, 1967.
(4) Marcel Paquot [1891-1988]
(5) Le gris trianon fait référence à la couleur des meubles de Marie-Antoinette à Versailles. Les spécialistes affirment qu’il ne s’agit pas de la couleur d’origine, mais que le plomb de la couleur aurait foncé, donnant l’impression, au XIXe siècle, que les meubles avaient été peints en gris. Il est également possible que les restaurateurs de l’époque ne se soient pas posé la question et aient repeint les meubles en gris. L’expression en tout cas est entrée dans l’usage à cette époque, et les restaurateurs du XXe siècle ont restitué le blanc et tilleul d’origine.
(6) Maurice Wilmotte [1861-1942]
(7) Littéralement : hors de mes chiffons (hors de mon linge)
L'exposition universelle
Chanson satirique wallonne issue de la mémoire de mon oncle Louis Bologne (1926-2025). Il y eut deux expositions universelles à Chicago, l'une en 1893 et l'autre en 1933-1934. C'est très probablement à la deuxième que se rapporte cette chanson, non seulement parce qu'elle correspond à la jeunesse de mon oncle, mais surtout parce que les hachoirs et découpeuses électriques n'apparaissent pas avant les années 1910. Mais la chanson peut aussi faire allusion à un petit film des frères Lumière, La charcuterie mécanique (1895), qui montre un cochon vivant introduit dans une machine et ressortant, de l'autre côté, sous forme de morceaux découpés dans les règles de l'art. La machine est actionnée par une roue, non par un moteur électrique, et bien sûr elle ne fonctionne que dans un sens, mais le gag a pu inspirer des chansons qui se sont collées à l'actualité du moment (l'exposition universelle de Chicago) et qui se seraient modifiées dans les mémoires...


Affiche de l'exposition de 1933. Enregistrement du 13/09/2024 (Louis Bologne)
Dji m’sovins co, j’alléve à l’Amérique
Veyî l’exposition à Chicago.
In’ aveû là des matchin’s électriques
Qu’avêut st’il fwèce di six à mèyes tchivaux.
Le plus curieux, c’esteût st’èl chårcut’rèye :
N’aveut st’on croc’ qu’aminév’ les pourcès.
Qwand on mettév’ les bottons so l’awèye
Ça fév’ riv’ni tot à fait à boquets
Dès boulett’s,
Cot’lettes
Dè djambon, dè platè cwèsses
Des linwes, des feûs, des poumons,
Des sauciss’s, des saucissons,
Qwand çoula n’est nin bin fé
On rapplaque tos les boquets
Et l’matchine to risquoulant
Fév’ rivni l’poûrcè vikant.
Je me souviens bien, j’allais en Amérique
voir l’exposition à Chicago.
Il y avait là des machines électriques
qui avaient la force de six à mille chevaux.
Le plus curieux, c’était à la charcuterie :
il y avait un croc qui amenait les pourceaux.
Quand on mettait le bouton sous l’aiguille,
ça faisait revenir le tout en petits morceaux :
des boulettes,
des côtelettes,
du jambon, des plates-côtes,
des langues, du foie, des poumons,
des saucisses, des saucissons…
Quand ce n’est pas bien fait,
on remet tous les morceaux,
et la machine, en reculant,
fait revenir le pourceau vivant
Le débarquement (li 6 di djun)
Chanson de mon grand-oncle Joseph Closson (ou Closon) (1887-1950), employé à l'administration communale, bureau de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, où il était plus précisément "Délégué aux bonnes choses", comme il aimait à signer, c'est-à-dire chargé d'organiser le "banquest des Djoyeux", où les menus pouvaient comporter jusqu'à onze services... Bien sûr, on y chantait, des chansons françaises ou wallonnes, publiées ou de circonstances, des pasquèyes que chacun composait sur un collègue (il en a conservé une sur le caleçon de Joseph Closson !) ou sur un événement de l'actualité. Celle-ci, sur l'air du Bon roi Dagobert, raconte le débarquement du 6 juin 1944. Elle est signée "Tchantchès", et porte des corrections manuscrites de l’écriture de Joseph Closson, ce qui peut laisser présumer qu'il en est l'auteur. Il faut dire que durant l'Occupation, on décida de commémorer par le banquet annuel le "jour maudit où les boches honorèrent nos bureaux de leurs investigations" - le 3 mars 1941. Tradition respectée chaque année "en silence pendant l'occupation", puis officiellement à la Libération. Le samedi suivant la date anniversaire fut réservée à ce banquet à partir de 1946. La tradition fut-elle respectée ? Je l'ignore, car l'oncle Joseph a quitté l'administration communale en 1947 pour devenir agent de change aux côtés de son neveu Joseph (surnommé le Grand Thomas pour qu'on ne les confonde pas...). Joseph Closson est décédé peu après, le 14 décembre 1950. Dans son manteau à col de fourrure, il était le « coquet » des quatre frères Closson, se rappelle mon oncle Louis. Je ne l'ai donc pas connu, mais un peu sa veuve, la tante Valère.
Joseph Closson, photo et profil crayonné lors d'un banquest des Djoyeux


Texte en wallon
1. Diérin-mint les Anglais,
Volant fé n’surprise å Français,
Li Sih’ Djun å matin
I débarquî st’è Cotentin.
Portant les Al’mands
D’his co l’djou di d’vant :
« I fåreût poleûr
Passer houte dè meûr ! »
Min l’meûr di l’Atlantique
N’esteût qu’on meûr di n’dimèye brique.
2. Ci fou st’on bè boucan
Quand l’z’Américains prindît Caen.
Et les prindant st’a r’bours,
Prindît l’vèye et l’port di Cherbourg.
Mins vola Romel
Tot vert qui s’måvelle,
Tot d’hant : « Sint Maty !
I m’èl vont payî ! »
Målèreus’mint po lu,
I vola l’gueuye djus d’on talus.
3. Li gros boûzé Goering,
Come on boxeu qui r’monte so’l’ring,
Dèrit : « Dj’årès leu sonk,
Pasqui dj’va lacher mes V. onck.
Kimandez l’pondeu
Po pond' mes V. deux,
Li V. treus sûret,
Puis l’V. qwate après.
Des V., dj’enn’a st’assez :
Dji va mînme å double V.C. »
4. Goebels, po l’propagande,
Féve des communiqués so k’mande.
I d’héve qui ç’n’esteut rin
Qwand c’est qu’i pierdît dè terrain.
« Si n’batans s’t’en r’traite
Ci n’est n’in n’défaite,
On est mînm’ d’acwèrd
Qui c’est’ine victwére.
Nos suvans noss’ tactique,
Puisqui noss’ front est st’élastique. »
5. Mins v’la Léon Degrelle
Qui féve on méting à Bruxelles,
Qui s’måvelle come on sot,
Tot d’hant : « Li chef, c’est mi qu’est l’so.
Alez, neûr moussî,
Vi fé ahèssî
Et v’bate conte les Russes
C’est po li R’wè d’Prusse.
På mi, Saint non di patte,
Rat’nez-m’ autremin dji m’va batte. »
6. So ç’trèvint-la Hitler
Måka dè voler l’panse è l’air.
In clique du djénèråls
Avî métou n’bombe å lôcål.
C’esteut st’on mic mac
Tot avå l’Wermacht,
Tot l’état major… pièdi turtos l’nôrd.
Hitler n’aveût, môrdjène !
Pièrdou qu’on bwès foû di s’fahène.
7. Et l’gros Mussolini
Si déri : « Ç’côp chal, c’est fini.
Dj’aveûs portant li r’gard
Et tote li prestance d’on César.
Mins noss’ pitit rwè
M’a r’ssètchî m’emplwè,
i m’fåret st’ ovrer,
Qu’est-ce qui dji va fé ?
Dj’irai trover l’Négus
Qu’a mutwè mesåh d’on gugusse. »
Traduction
1. Dernièrement, les Anglais,
Voulant faire une surprise aux Français,
Le six juin, au matin,
Débarquèrent dans le Cotentin.
Pourtant, les Allemands
Disaient encore, la veille :
« Il faudrait pouvoir
Passer au-delà du mur ! »
Mais le mur de l’Atlantique
N’était qu’un mur d’une demi brique.
2. Ce fut un vrai boucan
Quand les Américains prirent Caen.
Et, les prenant à rebours,
Prirent la route et le port de Cherbourg.
Mais voilà Rommel
Qui se fâche tout vert,
En disant : « Saint Mathieu ! (1)
Ils vont me le payer ! »
Malheureusement pour lui,
Il tomba tête en bas d’un talus.
3. Le gros bouffi Goering,
Comme un boxeur qui remonte sur le ring,
Dit : « J’aurai leur sang !
Parce que je vais lâcher mes V1. (2)
Faites venir le peintre
Pour peindre mes V2,
Le V3 suivra,
Puis le V4 après.
Des V, j’en ai assez :
Je vais même au double V... C.
4. Goebels, pour la propagande,
Faisait des communiqués sur commande.
Il disait que ce n’était rien
Quand il perdait du terrain.
« Si nous battons en retraite,
Ce n’est pas une défaite,
On est même d’accord
Que c’est une victoire.
Nous suivons notre tactique,
Puisque notre front est élastique. »
5. Mais voilà Léon Degrelle
Qui faisait un meeting à Bruxelles,
Qui se fâche comme un sot,
En disant : « Le chef, c’est moi ! »
Allez, « noir vêtu » (3)
Vous faire foutre
Et vous battre contre les Russes :
C’est pour le roi de Prusse ! (4)
Pour moi, Cré nom de Dieu,
Retenez-moi, sinon je vais me battre.
6. Sur ces entrefaites, Hitler
Manqua de voler la panse en l’air.
Une clique de généraux
Avait mis une bombe dans la salle. (5)
C’était un micmac
Dans toute la Werhmacht
Tout l’État-major perdait le nord.
Hitler n’avait, merde alors !
Perdu qu’un bois de son fagot.
7. Et le gros Mussolini
Se dit : « Ce coup-ci, c’est fini.
J’avais pourtant le regard
Et toute la prestance d’un César.
Mais notre petit roi
M’a retiré mon emploi
Il va falloir que je travaille,
Qu’est-ce que je vais faire ?
J’irai trouver le Négus,
Qui a peut-être besoin d’un gugus. » (6)
Notes
(1) "Sint Matî (Mathy) !" était un "petit juron" (Haust). Mais n'oublions pas que traiter quelqu'un de "sot Matî" est une insulte ("nigaud"). (Retour au texte)
(2) Les missiles V1 et les V2 de l'allemand Vergeltungswaffe : "arme de représailles") sont les missiles balistiques conçus et lancés contre les grandes villes reconquises par les Alliés en 1944 et 1945. Il n'y eut pas de V3, 4 ou 5, l'énumération, et le jeu de mots douteux sur les WC, raillent la course en avant de l'Allemagne aux abois. (Retour au texte)
(3) Léon Degrelle (1906-1944) est le fondateur du parti nazi Rex. Les "noirs vêtus" font allusion à l'uniforme des SS, mais aussi aux Blancs moussîs ("vêtus de blancs"), figures de carnaval populaires à Verviers, simplement enveloppées dans un drap. Le tapuscrit ne comporte pas de guillemets : il est difficile de dire si les derniers verts font partie du discours de Degrelle ou sont des invectives qui lui sont destinées par le chanteur. J'ai opté pour la première hypothèse, le dernier vers m'a semblé une rodomontade mise dans la bouche de celui qui envoie les autres se battre mais qui n'y va pas lui-même. Mais les vers précédents constituent des injures très lourdes qu'on n'attend pas dans la bouche d'un chef qui s'adresse à ses hommes, sinon par forte de dérision - ahèssî, pour Haust, se dit "au sens grivois : ahèssî 'n feume". On peut opter pour une traduction plus légère : ahèssî on vôleûr, c'est "rosser un voleur"... (Retour au texte)
(4) Se battre pour le roi de Prusse (pour rien). Le roi de Prusse en question est Frédéric II, une chanson datant de son règne contenant la plus ancienne mention de l'expression. Elle raillait les efforts des Français qui avaient gagné la bataille de Fontenoy (1745) sans obtenir de concessions de la Prusse au traité d'Aix-la-Chapelle (1748), ou ceux du prince de Soubise, qui commandait les troupes alliées contre la Prusse mais qui fut battu à Rossbach en 1757 malgré une écrasante majorité numérique. La guerre, c'était alors comme le football : on pouvait très bien travailler, c'étaient les Prussiens qui gagnaient à la fin... (Retour au texte)
(5) Allusion à l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944. La bombe déposée dans une salle de la Wolfsschanze, son quartier général, ne le blesse que légèrement. (Retour au texte)
(6) Les Italiens avaient envahi l'Éthiopie en 1936, mais en 1941 le Négus Haïlé Sélassié est rétabli par les Anglais. Mussolini a été renvoyé par le roi Victor-Emmanuel III en 1943 mais rétabli par Hitler. La fin de son règne le réduit à un rôle de fantoche (Gugus est le surnom du clown Auguste). Il est exécuté le 28 avril 1945. La chanson n'y faisant pas allusion, elle est sans doute antérieure. Si elle a été conçue pour un banquet des "Djoyeux" au mois de mars, ce ne pourrait être qu'en mars 1945. (Retour au texte)
Le pudding
Air : God save the King (Haendel)
La recette du pudding sur l'air du God save the King : une chanson que m'a apprise in illo tempore non suspecto mon amie Lulu Minguet. Bien avant donc que Charles ne devienne roi... il était paraît-il surnommé dans son enfance "Plum Pudding". Ah ! les méchantes langues de la cour... La chanson continue à ravir mes amis et, je l'espère, les siens !
Le vrai pudding anglais
Est un excellent mets,
Un peu épais.
Il faut le faire avec
Cent gramm's de raisins secs,
Une livr' de graiss' de rognons d'bœuf,
Du lait et un œuf.

La reine et le prince Charles faisant leur pudding. Image de Hello Magazine
